Comme chaque année, la rentrée se transformait irrémédiablement, et quelques soient ses efforts en un espèce de cirque Rastapopoulos du plus mauvais gout. La maison devenait un véritable moulin, il croisait plus de têtes inconnues qu'il n'y avait de zéro sur le compte en banque de Johns, quant au président -élu par il ne savait quelles coucheries, et de toutes façons, il ne voulait pas savoir- il semblait faire de sa priorité l'absolue nécessitée de se faire passer pour encore plus idiot qu'il semblait déjà l'être. Ce qui n'était pas rien.
Et par dessus tout cela, il y avait Endô, le Charles Manson de Delta, dont la communauté -c'est à dire principalement lui même- se serait franchement passée.
Endô s'était encore fait la malle. Ce qui en soi ne relevait pas du drame, sauf si on commençait à réfléchir en termes de "pourvu qu'il ne fasse pas de conneries qui pourraient retomber sur notre bien aimée fraternité, amen".
Bref.
Cela faisait un bon quart d'heure que Noah arpentait le campus à la recherche du chien méchant, prêt à lui lancer un os et lui remettre ses laisse et muselière.
Il passa rapidement devant l'orée du bois -même Endô n'était pas assez socialement déficient pour décider d'y mettre les pieds par simple plaisir de communier avec la nature- et etouffa un juron en constatant du coin de l'oeil que ... si.
Ben voyons ...
D'un pas rapide, une prière muette au bord des lèvres pour ses pauvres godasses s'enfonçant dans l'herbe encore
très humide de la dernière nuit pluvieuse, Noah rejoignit le garçon qui le regardait arriver les yeux rieurs.
"ça ne tiendrait qu'à moi je te donnerai ma bénédiction pour que tu restes ici et crèves au choix, d'un cancer foudroyant du poumon, d'une pneumonie toute aussi foudroyante, ou d'asphyxie en ravalant de travers tes airs de tueur en série ... mais, ça ne tiens pas qu'à moi, alors Akira, sois aimable et conciliant, éteins cette clope et suis-moi."